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Un timbre à la loupe: Le cinquantième anniversaire de Traité sur l'Antarctique

1) Réalisation de la maquette:
La première étape de la création d'un timbre passe par la commande de sa maquette. Pour ce timbre, ce travail est confié à Jacky Larrivière qui présente une première maquette au format A4 à Marc Boukebza, directeur de la philatélie des TAAF. Voici la maquette en question:

Plusieurs rectifications sont apportées au crayon :

  • le LA de « LA POSTE » est barré car il doit être supprimé.
  • Poste doit être écrit avec un S final qui est rajouté
  • Enfin l’intitulé du timbre est inexact, on parle du Traité sur l’Antarctique et non pas du traité de l’Antarctique

La maquette est alors retournée à l’artiste pour qu’il y apporte les modifications demandées. Voici la deuxième maquette corrigée :

Cette deuxième maquette sera acceptée. Elle porte donc le cachet de Marc Boukebza et sa signature.
Au dos, on trouve l’autocollant « Maquette approuvée » qui porte la date du 22 avril 2009.



2) De la gravure au cylindre:

Une fois la maquette approuvée, le graveur peut commencer son poinçon. Il le réalise sur un bloc d’acier doux de 70 x 80 mm qu’il va inciser au burin sous une loupe binoculaire.

Crédit photo: Musée de La Poste

Pour contrôler l’avancement de son travail, le graveur réalise des tirages d’épreuves sur une presse à bras. Il s’agit d’épreuves d’état.
Une fois le poinçon sur acier doux terminé, l’imprimerie tire quelques épreuves sur presse à bras : ce sont les épreuves d’artiste. Elles sont signées au crayon sous la vignette.
L’imprimerie tire ensuite des épreuves sur papier officiel portant les perforations de contrôle : ce sont les épreuves d’atelier.
Voici l’épreuve, nommée D1, qui  porte les  perforations de contrôle : elle est monochrome. La taille de la cuvette (le creux laissé sur le papier par le poinçon) correspond aux dimensions du bloc d'acier doux, ce qui montre bien que cette épreuve provient du poinçon original.

Cette épreuve D1 est datée du 29 mai 2009, il a donc fallu un peu plus d’un mois entre la maquette définitive et la réalisation du poinçon. C'est la première fois que Marc Boukebza voit le timbre dans ses dimensions définitives.

Une fois le poinçon accepté, il va être durci par cémentation.  Lors de la cémentation, le poinçon est chauffé à une température élevée en présence d'un corps riche en carbone. La couche superficielle absorbe le carbone et se transforme en acier dur.

Crédit photo: Musée de La Poste

Le poinçon durci sera reporté sous une grande pression sur un cylindre d’acier doux appelé molette qui sera à son tour durcie par trempe. La trempe consiste à chauffer la molette à une température ou le carbone se dissout dans la matière, puis, à la refroidir rapidement pour garder cette structure a température ambiante.

La molette en acier trempé  va permettre le report des exemplaires nécessaires pour imprimer une feuille (ici 25 exemplaires) sur un nouveau cylindre recouvert de cuivre. Ce cylindre est retouché à la main si c'est nécessaire puis poli et enfin chromé par électrolyse.

Crédit photo: Musée de La Poste


3) Les essais de couleur:
A partir de ce cylindre, sept feuilles d’essais de couleurs datées du 6/07/09 et imprimées sur la presse TD6-2 (Presse Taille-douce 6 couleurs - n°2) vont être présentées à Marc Boukebza.
Voici par exemple une feuille avec des couleurs non retenues :

Les mentions au crayon à papier sont TD (Taille-douce) puis les codes des couleurs d’encres utilisées : H 191 – M 130 -  B 319 – TL 199
Chacune des quatre couleurs est reprise sur les repères BOBST en marge de la feuille.

La feuille retenue sera celle-ci :

Cette fois-ci les couleurs d’encres utilisées sont : H 131 – M 204 -  B 319 – TL 204
Comme pour la maquette, la feuille retenue est tamponnée et signée par Marc Boukebza.

Le tirage va alors pouvoir commencer le 21/07/09, ce qui correspond au coin daté des feuilles vendues. En tout, ce sont 3200 feuilles de 25 timbres (soit 80 000 timbres) qui seront imprimées à l'identique de la feuille retenue et cette fois-ci perforées.
Les feuilles seront controlées puis regroupées en 32 paquets de 100 feuilles placées entre deux renfort cartonnés (soit 2500 timbres par paquet) avant d'être livrées.


4) Remerciements:
Un grand merci à Marc Boukebza qui m'a donné la possibilité de scanner les documents qui figurent dans cet article. Sans lui cet article n'aurait jamais vu le jour ;-)

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