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L'Albatros: 15 ans de présence dans les TAAF
Dans le cadre de l'organisation de l'action de l'état en mer, la marine participe, depuis de nombreuses années, à la mission de surveillance des pêches dans les zones économiques exclusives des Terres australes françaises.Le patrouilleur austral Albatros est l'un des bâtiments de la Marine Nationale qui assure régulièrement cette mission. Basé à la Réunion, l'Albatros est un navire particulièrement adapté pour affronter la rigueur des éléments dans les zones du grand sud : il s'agit en effet d'un ancien chalutier congélateur, le Neve, qui naviguait du côté de Terre Neuve, où les conditions de navigation sont comparables.Acheté en 1983 et armé par la Direction des constructions navales de Toulon, l'Albatros arrive à la Réunion en juin 1984. II assure alors des missions de présence mais également de soutien et de ravitaillement, en acheminant du matériel pour l'administration des Terres australes et antarctiques françaises, en complément du Marion Dufresne.Mais depuis 1996, devant la recrudescence de véritables pillages dans les ZEE de Crozet, Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam, l'Albatros se concentre sur la défense des intérêts français dans ces zones. II a, en trois ans, dérouté 6 palangriers pêchant sans autorisation, contribuant ainsi à dissuader les armements et à réduire le niveau de pêche illicite. II continue cependant à porter assistance aux chalutiers français, une assistance surtout médicale ; il apporte toujours son concours à l'administration des Terres australes et antarctiques françaises, en acheminant le courrier et en assurant des évacuations sanitaires d'urgence de personnel travaillant sur les îles ; des tâches multiples et variées pour un navire et un équipage qui ont montré au fil des ans leur polyvalence et leur efficacité. L'Albatros fête aujourd'hui ses quinze ans de présence dans les Terres australes et antarctiques françaises auxquelles l'équipage s'est définitivement attaché ; quinze années pendant lesquelles il a affirmé la souveraineté de la France dans les eaux des Terres australes et antarctiques françaises, et pendant lesquelles il a contribué à la protection des ressources halieutiques et de l'environnement.
Le commandant des forces maritimes de l'Océan indien
Dupré la tour |
Bâtiments ayant déjà porté le nom d'Albatros dans la marine nationale :
- un corsaire en 1780.
- une frégate à roues en 1841.
- un aviso à roues en 1880.
- quatre chalutiers réquisitionnés durant la Première Guerre mondiale. L'un d'entre eux, l'Albatros II, reçut la flamme de la Croix de guerre pour avoir coulé un sous-marin le 23 mars 1918.
- un contre-torpilleur de 2400 tonnes en 1930. Il escorta la deuxième division de croiseurs lors du bombardement de Gênes le 13 juin 1940, action durant laquelle il reçut un obus de 152 dans sa chaufferie. Gravement avarié lors du débarquement allié du 8 novembre 1942 devant Casablanca, il dut se jeter à la côte. Réparé, il servit d'école d'application de tir à la mer de 1946 à 1959.
- le patrouilleur austral Albatros, ex-chalutier congélateur Névé de la société Normandie-pêches , filiale de la Société Navale Caennaise. Construit en 1967 par les chantiers du Trait (Le Havre), il a effectué jusqu'en 1983 des campagnes de pêche en Atlantique Nord, de Terre Neuve à la Norvège. Acheté en avril 1983 par la marine nationale, il a été caréné et transformé par la Direction des Constructions Navales (DCN) à Toulon à partir d'avril 1983 (suppression des installations de pêche, création de locaux, mise en place d'une artillerie et d'équipements électroniques). Armé pour essai le 23 septembre 1983, admis au service actif le 19 mai 1984, l'Albatros a rallié l'île de La Réunion, et plus précisément son port-base Port-des-Galets, le 18 juin 1984. Il est revenu depuis trois fois en métropole pour des périodes de refonte et d'entretien effectuées par DCN :
- entre juillet 1990 et mars 1991 à Lorient (remotorisation),
- entre août 1996 et mars 1997 à Lorient (entretien quinquennal),
- entre août 2001 et avril 2002 à Brest (période d'entretien à mi-vie).
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