Bloc Pétrels
Pétrel soyeux -
Pétrel de Wilson -
Pétrel gris -
Pétrel plongeur -
Pétrel des neiges
En raison de leur distribution en haute mer sur tous les océans du globe, les pétrels sont les oiseaux marins par excellence. Les pétrels au sens large appartiennent à trois familles distinctes, les pétrels, les pétrels plongeurs et les pétrels tempêtes et sont regroupés avec la famille des albatros dans l'ordre des Procellariiformes. L'amplitude de taille des pétrels est la plus importante au sein des oiseaux, allant du minuscule pétrel tempête (20g) au pétrel géant (4.5 kg). Le nom de pétrel viendrait de Saint Pierre, en raison de l'habitude qu'ont les pétrels tempêtes de marcher sur l'eau avec leurs longues pattes.
Dans les terres australes et antarctiques françaises, les pétrels sont de loin les oiseaux les plus abondants, autant du point de vue du nombre d'espèces (25 espèces sur les 39 espèces d'oiseaux présentes) que des effectifs (des millions de couples reproducteurs, notamment à Crozet et Kerguelen). Pourtant, mis à part les pétrels géants, les pétrels sont mal connus des visiteurs des îles australes, en raison de leurs mœurs nocturnes à terre et de leur reproduction en terrier ou dans des crevasses. De jour les colonies repérables par une multitude de terriers sont apparemment vides, les reproducteurs sont silencieux au fond de leur terrier. Dès la nuit complète tombée les colonies s'animent de milliers d'oiseaux en vol revenant au nid et des chants émis dans les terriers et en vol. En mer par contre les pétrels sont omniprésents aussi bien à proximité des îles qu'à des milliers de kilomètres en pleine mer, du continent Antarctique aux eaux tropicales. En raison de l'extrême diversité en taille et en forme, les pétrels exploitent tous les niveaux trophiques et les habitats du milieu marin.
Ainsi les plus grands pétrels (envergure 2.5m), les deux espèces de pétrels géants (sub-antarctique et antarctique) présents sur tous les districts, sont très opportunistes. Bien connus pour leur mœurs charognards, ce sont également de puissants prédateurs à terre des manchots dans leurs colonies, également capables d'aller chercher des proies marines (poissons, calmars et krill) à des milliers de kilomètres des îles. Plus petits (0.8-1.2kg), mais les plus grands des pétrels nichant en terrier avec les pétrels à menton blanc, les pétrels gris se reproduisent pendant l'hiver austral à Crozet, Kerguelen et Amsterdam. En raison de leur habitude de suivre les navires, ces deux espèces sont aujourd'hui menacées par la pêche à la palangre dans l'océan austral, leurs effectifs sont en déclin marqué. Le pétrel des neiges (200-400g), remarquable par son plumage immaculé, niche dans des crevasses sur le pourtour du continent antarctique pendant l'été austral. II se nourrit de poissons et dépend strictement de la présence de glace de mer : ainsi en hiver il ne migre pas et reste une espèce strictement antarctique. Deux espèces de pétrels plongeurs (150-200g) se reproduisent dans les TAAF, le pétrel plongeur commun et le pétrel plongeur de Géorgie du sud. Munis d'un corps trapu et d'ailes courtes, ces pétrels adaptés à la plongée (ils peuvent atteindre 60m de profondeur pour se nourrir de petits crustacés) sont reconnaissables en mer à leur vol battu. Enfin les plus petits des pétrels sont les minuscules tempêtes, représentés par quatre espèces dans les TAAF. Le plus commun, on le trouve sur les 4 districts, et abondant, est le minuscule pétrel de Wilson, reconnaissable à son plumage noir, son croupion blanc et surtout ses palmures jaunes. Bien que reproducteur en Antarctique et sub-Antarctique on le trouve sur tous les océans du monde, ce qui démontre les mœurs très océaniques de cette espèce qui se nourrit en picorant les particules de graisses ou les larves de crustacés présentes à la surface, qu'il recherche de son vol hésitant.
Henri Weimerskirch
Directeur de recherche au CNRS de Chizé
(Notice n°381 reproduite avec l'aimable autorisaton de l'administration postale)