L'EXPEDITION DU CHALLENGER 1872-1876:
Au milieu du 19e siècle, le Parlement britanInique vota des crédits
pour une grande expédition de Recherche Scientifique.
L'amirauté fournit le navire : le H.M.S. Challenger, corvette à
propulsion mixte, voile et vapeur, longueur hors tout 68,9 m, puissance de la
machine 1.234 CV, équipage 243 hommes Royal Navy.
Le périple prévu s'écartant des voies commerciales habituelles
et des entrepôts de charbon, le navire devait naviguer surtout à
la voile.
Les aménagements furent faits pour créer cabines supplémentaires
et laboratoires. Ceux-ci comprenaient un cabinet d'histoire naturelle, un laboratoire
de chimie et même un laboratoire photographique.
L'équipe scientifique, placée sous la direction du Professeur
Wyville Thomson, était composée de six personnes : Moseley, naturaliste,
Von Willemoes Suhm, zoologue, Buchanan, chimiste et physicien, Murray qui assura
la publication des travaux de l'expédition. Le Suisse Wild était
embarqué comme artiste et secrétaire du professeur Thompson.
Le Challenger appareilla de Portsmouth, le 21 décembre 1872 et suivit
la route Lisbonne, Gibraltar, Madère, les Antilles.
Les observations scientifiques commencèrent aussitôt après
l'appareillage. Faites en stations, elles comportaient, une fois déterminée
avec précision, la position du navire, des mesures de profondeur, des
prélèvements d'échantillons de fond et d'eau de mer, des
mesures de températures à différentes profondeurs, des
mesures de direction et de force des courants, des observations météorologiques.
Après une série de mesures dans le Gulf Stream, le Challenger
remonta sur Halifax (Nouvelle Ecosse), puis retraversa l'Atlantique, passant
par les Açores, Madère, les îles du Cap Vert, l'lie de Saint-Paul
(Atlantique), Fernando Noronha, Bahia, Tristan da Cunha.
Le Challenger arriva à Simons Bay en Afrique du Sud, le 28 octobre 1873,
achevant là 10 mois d'études dans l'Atlantique.
Un mois plus tard, le navire repartit pour affronter les " quarantièmes
rugissants " de l'Océan Indien, en poursuivant sans relâche
observations et mesures.
La première des îles australes visitées fut l'île
Marion d'où le Challenger poursuivit sa route sur l'île Prince
Edouard, puis sur les îles Crozet.
Le 31 décembre 1873, le Challenger se trouva à proximité
de l'île aux Cochons où il ne put aborder et se dirigea vers l'île
de la Possession où il jeta l'ancre dans la baie du Marin. Pas plus qu'à
l'île aux Cochons, le Challenger ne put mettre des hommes à terre.
Le 7 janvier 1874, le Challenger mouilla à Port-Christmas à l'extrémité
Nord de Kerguelen, là où Cook avait mouillé en 1776 avec
le Resolution et le Discovery. De là, le Challenger longea les côtes
Est et Sud de Kerguelen, s'arrêtant au passage, dans la baie Accessible,
puis dans la baie du Morbihan.
De nombreuses observations furent faites à terre et notamment des relevés
topographiques.
L'étape suivante fut l'île australienne de Heard d'où le
navire descendit au sud jusqu'à la limite des glaces.
Furent ensuite visitées : l'Australie, Tonga, les Fidji, les mers de
Corail, d'Arafura, de Banda et des Célèbes.
Le 17 novembre 1874, près de deux ans après le départ de
Portsmouth, le Challenger arriva à Hong-Kong et y fit escale pendant
51 jours.
Continuant son périple par les Philippines, le Japon, Hawaï, la
Polynésie, Valparaiso, le Détroit de Magellan, les Malouines,
le Challenger était de retour à Portsmouth le 24 mai 1876.
Le Challenger rapportait une énorme moisson d'observations et d'échantillons
: pas moins de 3.508 espèces de protozoaires. En tout 715 nouveaux genres
et 4.417 espèces furent découvertes. Une commission fut chargée
à Edimbourg d'en faire l'étude et le classement. Comme le déclarait
M. Murray dans son rapport, les acquis scientifiques de ce voyage représentaient
" le plus grand progrès de la connaissance de notre planète
depuis les 15` et 16` siècles ".
La toponymie de Kerguelen porte de nombreux témoignages de ce voyage
célèbre:
Ilots du Challenger, Monts Wyville-Thompson, Moseley, Ferguson, Tizard, Murray
et Buchanan.
(Notice n°16 reproduite avec l'aimable autorisaton de l'administration postale) |