LE MONUMENT:
Le monument a été érigé pour marquer le
bicentenaire du passage de Marion Dufresne en Tasmanie en 1772. II associe à
la mémoire de ce navigateur français, celles de son lieutenant
Crozet et des navigateurs français qui ont joué, à la fin
du XVIlle siècle et au début du XIXe, un rôle déterminant
dans la découverte de la Tasmanie.
Le monument " Voyage aux Antipodes ," sculpture et fontaine, est construit
en " Huon Pine ", bois très rare et de grande valeur, autrefois
utilisé par les navigateurs français et notamment par Huon de
Kermadec, officier de d'Entrecasteaux, pour les réparations des vaisseaux.
Il a été réalisé par le sculpteur Stephen Walker.
Ce monument, dont l'initiative revient aux autorités de Tasmanie et notamment
au Département du Tourisme, a pu être réalisé grâce
à l'aide et aux contributions de la Direction du Tourisme, de celle du
Jardin Botanique, du LordMaire de Hobart, M. Alderman Soundy et de ses deux
successeurs, MM. Butler et Jennings, de Mrs. Brett, Agent Consulaire de France
en Tasmanie, de l'Association pour le Développement de la ville de Hobart,
des Expéditions Polaires Françaises et enfin des groupes privés
français en Tasmanie et de l'Alliance Française.
Le monument a été inauguré le 17 avril 1972 par l'Ambassadeur
de France, Monsieur G. Van Laethem, en présence des autorités
de Tasmanie, du Consul de France à Melbourne, M. Roger London, du Commandant
de la Marine Nationale en Nouvelle-Calédonie, Capitaine de Vaisseau ,J.
Gabrié, et d'un détachement du bâtiment français,
la " Dunkerquoise ".
L'HISTOIRE:
Le 4 mars 1722, à 4 heures 30' de l'après-midi, les deux
navires français, " Marquis de Castries " et " Mascarin
", partis du Cap le 28 décembre 1771, sont en vue des côtes
de l'actuelle Tasmanie.
Ce sont les premiers navires à paraître sur ces côtes depuis
que Abel Tasman, Capitaine Hollandais, les ait, d'ordre du Gouverneur de Batavia,
Van Diemen, abordées en 1642 et leur ait donné le nom de Terre
de Van Diemen.
Le " Mascarin " est commandé par l'ancien corsaire, devenu
capitaine, Marion Dufresne ; son second est Crozet. Le " Marquis de Castries
" est commandé par le Garde de la Marine, Le Jar du Clesmeur.
De la côte abordée, Crozet a dressé une carte, qui, quoique
de dimensicns très réduites, est fidèle.
Le 12 juin, Marion Dufresne sera massacré en Nouvelle Zélande,
par les Maoris, ainsi que 14 marins qui armaient sa chaloupe. Le lendemain,
un détachement de 13 hommes envoyé à sa recherche par Duclesmeur,
sera également massacré.
Vingt ans plus tard, en 1792, un autre marin français, Bruni d'Entrecasteaux,
parti avec les deux frégates la " Recherche " et l'" Espérance
", à la recherche des restes de l'expédition Lapérouse,
reprend l'exploration des côtes de la Tasmanie.
L'un de ses officiers est Huon de Kermadec.
En mai 1801, c'est au tour du Capitaine Baudin, commandant le " Géographe
" et le " Naturaliste ", de poursuivre méthodiquement
la reconnaissance de la Tasmanie.
L'expédition a un caractère essentiellement scientifique.
Freycinet est le cartographe de l'expédition, Hamelin le Commandant du
" Naturaliste ".
A ces noms, il conviendrait d'associer ceux de Wuillaumez qui découvrit
la Derwent et l'emplacement actuel d'Hobart (expédition d'Entrecasteaux)
et de Péron, naturaliste et chroniqueur de l'expédition Baudin.
Ces trois expéditions françaises, à caractère scientifique,
ont joué un rôle éminent dans la découverte et la
connaissance de l'actuelle Tasmanie.
Ce n'est qu'en 1803 que l'Angleterre, déjà solidement installée
à Sydney et craignant (bien à tort) une occupation française,
décida de prendre possession de la Tasmanie et y transféra la
population qu'elle avait installée sur l'lie de Norfolk.
(Notice n°13 reproduite avec l'aimable autorisaton de l'administration postale) |