Emission: Faciale: Notice: Yvert: Cérès: Dallay: Scott: SG: Michel:
01/01/1999
24,00F + 3,00F
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PO 247A
PO 247-248
PO 251A
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50ème anniversaire des bases de Kerguelen et d'Amsterdam: 1949-1999 (Triptyque avec vignette centrale)

Pour neutraliser les ambitions de certaines nations qui estimaient – peut-être à juste titre – qu'en l'absence de toute activité et de présence effective, la France se désintéressait de l'archipel des Kerguelen et des îles Saint-Paul et Amsterdam, les autorités françaises envoyèrent en 1893 un aviso de la marine nationale réaffirmer nos droits sur ces terres isolées.
A la fin du 18ème siècle et au début du 19ème siècle, il est vrai que ces îles françaises n'avaient été fréquentées que par des chasseurs de baleines et des phoquiers américains et anglais. Durant le 19ème siècle, des armateurs réunionnais et mauriciens tentèrent d'établir des installations pour la pêche à Saint-Paul et même pour l'élevage à Amsterdam. Mais toutes ces tentatives se soldèrent par des échecs. Quelques missions scientifiques françaises mais surtout étrangères les avaient visitées rapidement. Ce n'est qu'en 1908, et à Kerguelen, que les frères BOSSIERE du Havre, en association avec des anglo-norvégiens, créèrent une usine baleinière et phoquière, assez moderne pour l'époque, mais très vite dépassée par l'emploi des navires usine. Ils y tentèrent même des essais de colonisation avec l'élevage du mouton. Fin 1928, ils installèrent une usine langoustière à Saint-Paul, mais encore une fois tous ces projets mal préparés et sans grands moyens matériels et financiers se soldèrent par des échecs et même un drame avec la mort d'une quarantaine de langoustiers à Saint-Paul en 1931. Depuis cette date, ces îles qui avaient été rattachées en 1924, avec l'archipel Crozet et la Terre Adélie, au gouvernement général de Madagascar se trouvaient totalement désertes et abandonnées.
Ce n'est qu'à la fin de la deuxième guerre mondiale que les îles australes prirent de l'importance avec le développement d'une science dont les opérations militaires pendant la guerre avaient mis en évidence l'intérêt majeur : la météorologie.
Dès 1945, les alliés envoyaient l'aviso "Dumont d'Urville" à Saint-Paul pour étudier l'implantation éventuelle d'une station météorologique permettant de couvrir avec d'autres stations à Heard et à Marion le grand espace circum-polaire entre le Cap et l'Australie.
Ce projet fut repris en 1947 à la conférence de SALISBURY où l'Organisation Météorologique Internationale (OMI) se faisait de plus en plus pressante. Très rapidement l'Office de Recherche Scientifique Colonial étudie la possibilié d'implantation de bases permanentes à Amsterdam et Kerguelen. Le gouvernement français entrevoit alors l'opportunité de matérialiser et d'officialiser notre souveraineté sur ces îles tout en répondant favorablement aux pressions internationales. Dès lors les choses vont très vite et les décisions officielles se suc-cèdent : le 8 avril 1948 une proposition de loi présentée par Jules CASTELLANI est adoptée qui prévoit d'envoyer au printemps austral une mission économique, scientifique et militaire dans nos îles australes. Le 8 juillet 1949, Paul COSTE FLEURET ministre de la France d'Outre-mer présente à l'Assemblée Nationale un projet de loi pour la création d'un établissement administraif à Amsterdam et l'envoi d'une mission d'étude à Crozet et à Kerguelen.
Pour une fois – il convient de le souligner – les choses ne traînent pas : l'organisation et la préparation des deux missions vont précéder les décisions officielles.Grâce au concours financier du FIDES (Fonds d'Intervention et de Développement Economique et Social) les personnels des deux missions sont rassemblés rapidement avec des moyens maté-riels conséquents.
La première mission préliminaire de reconnaissance pour les îles Kerguelen est confiée à Pierre SICAUD, administrateur de la France d'Outre-mer et qui s'était particulièrement distingué pendant la guerre dans les parachutistes (SAS) de la France Libre.
Les 14 membres de la Mission rejoignent Diego Suarez où ils embarquent à bord de l'aviso hydrographe "La Pérouse" commandé par le Capitaine de Vaisseau B. de DINECHIN. Le navire appareille de 23 novembre 1949 et après une brève escale à Tananarive où trois Comoriens se joignent à la mission et une autre à Durban au Natal, le navire mouille à l'île de la Possession à Crozet, le 7 décembre. Mais l'escale sera brève puisque le navire repart dès le 9 décembre pour arriver le 11 décembre 1949 à 17 h dans la baie Morbihan à Kerguelen.
Pendant 8 jours, se répartissant en plusieurs équipes, les membres de la mission sillonnent les côtes, mais également l'intérieur des terres de la péninsule Courbet qui semble la plus propice pour l'installation de la base. La reconnaissance du terrain est facilitée par la présence du géologue AUBERT DE LA RUE qui connaît bien l'archipel pour l'avoir visité à trois reprises depuis 1928 en compagnie de son épouse. Le choix du site n'est pas évident car il s'agit de trouver un emplacement si possible à l'abri des vents dominants qui offre des facilités de débarquement et de mouillage pour les navires, mais où il soit possible également d'aménager à proximité un terrain d'aviation.
Finalement, le 16 décembre, une crique située entre la pointe Molloy et la pointe Guitte dans l'anse de l'Aurore Australe est retenue par Pierre SICAUD. II décide de baptiser le site "Port aux Français". Le lundi 19 décembre 1949, le débarquement du matériel commence et les membres de la mission s'installent sous la tente. La construction des cabanes démon-tables va bon train puisque celles de la station radio et de la station météo sont opérationnelles dès le 1 ef janvier 1950. Quand l'aviso "La Pérouse" quitte Port aux Français le 16 janvier 1950, plusieurs baraques sont montées dont le réfectoire. Le navire polaire "Commandant Charcot" de retour de Terre Adélie réembarque le 8 avril 1950 la mission SICAUD qui abandonne provisoirement la base. Ce n'est que l'année suivante qu'une nouvelle mission d'installation, toujours dirigée par Pierre SICAUD et amenée par "l'Italo-Marsano", débarque à Port aux Français le 3 janvier 1951. Elle va poursuivre les travaux d'installation et hiverner pour la première fois à Kerguelen sous le commandement de Francis ARMENGAUD, administrateur de la France d'Outre-mer et adjoint de Pierre SICAUD. Depuis 50 ans, les installations de cette base n'ont cessé de s'étendre et de se moderniser avec des constructions en "dur" et les missions de relève s'y sont succédées sans interruption. D'importants programmes de recherche scientifique y sont menés dans de nombreuses disciplines.
A la même époque, le 24 décembre 1949, le langoustier "SAPMER" de l'armement du même nom (Société Anonyme de Pêche Malgache et Réunionnaise) quitte l'île de la Réunion sous le commandement du capitaine VERDAVAINE pour une campagne langoustière dans les eaux de Saint-Paul et Amsterdam. A bord se trouvent également les 25 membres de la mission d'installation de la base météorologique que la France s'est engagée à installer à Amsterdam.Cette mission est dirigée par l'ingénieur de la Météorologie Nationale Paul MARTIN DE VIVIES. Le navire mouille devant Amsterdam le 31 décembre 1949 à midi. Dans l'après-midi, après avoir repéré une jetée naturelle en lave propice pour débarquer le matériel, une équipe se rend à terre pour effectuer le marquage définitif de la base située au-dessus le la Pointe Hosken. Le 2 janvier 1950, le débarquement du matériel commence qui va se pour-suivre jusqu'au 26 janvier, avec des interruptions dues au mauvais temps ou à des avaries aux embarcations de remorquage. C'est un travail exténuant et dangereux auquel participent les marins du "SAPMER" pressés de commencer leur campagne de pêche. Le travail se poursuit par l'aménagement d'une piste entre la "cale" et la base puis la mise en chantier des soubassements en béton des baraques qui vont remplacer peu à peu les tentes du premier campement.
MARTIN DE VIVIES baptise la base "Camp HEURTIN" du nom d'un colon réunionnais qui, en 1871 avec sa famille, avait tenté des essais d'élevage et de culture sur Amsterdam.
Quand le "SAPMER" revient à Amsterdam, sa campagne de pêche terminée, pour ramener à Madagascar les 10 Malgaches de la mission venus participer aux travaux, toutes les baraques sont montées et la station radio-météo est opérationnelle depuis le 11 mars 1950.
Les membres de la mission MARTIN DE VIVIES ne seront relevés que début février 1951 par une nouvelle mission dirigée par J. GILBERT.
En 1961, l'appellation de la base devient "Roche Godon" mais en 1972 à la mort du premier chef de mission, elle prend officiellement et définitivement le nom de base "MARTIN DE VIVIES".

Pierre COUESNON
Historien des TAAF

(Notice n°254 reproduite avec l'aimable autorisaton de l'administration postale)

Maquette: Graveur: Couleurs: Impression: Format: Dentelure: Feuilles: Tirage: Coins datés :
Multicolore
Taille-douce
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5 triptyques
par feuille
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