Emission: Faciale: Notice: Yvert: Cérès: Dallay: Scott: SG: Michel:
01/01/2000
16,00 F
265
PO 267
PO 281
PO 271
266
435
428

Navire "La pérouse" F750

Au moment de l'invasion de 1940, quatre ravitailleurs d'aviation pour hydravions de 1 350 tonnes sont en construction à Saint-Nazaire : le «SANS PEUR », le « SANS SOUCI », le « SANS PAREIL» et le « SANS REPROCHE». Le plus avancé, le « SANS PEUR», doit être lancé au mois de juillet 1940. II a été mis en chantier le 3 décembre 1938 et sur cale le 23 mai 1939.
Considérant ces bâtiments comme prises de guerre, la Marine allemande décide d'en poursuivre l'achèvement pour son compte et les baptise SG1 à SG4. Le « SANS PEUR» est lancé en 1941 et utilisé par la Kriegsmarine comme escorteur de sous-marin et mouilleur de mines.
Au mois de septembre 1944, lorsque se forme la poche de Saint-Nazaire, l'armement et les équipages du «SANS PEUR » et du «SANS PAREIL » sont débarqués pour participer à la défense terrestre et les deux bâtiments mis en état de conservation.
Ils sont retrouvés intacts à la reddition de la poche, le 9 mai 1945, et la Marine française décide de les utiliser comme navires hydrographes. En 1946, le «SANS PEUR» est baptisé «LAPEROUSE» et le « SANS PAREIL», « BEAUTEMPS BEAUPRE». Le «LAPEROUSE» est transformé en aviso escorteur et mis en service en avril 1947. II est affecté à Diégo-Suarez, à la mission hydrographique de Madagascar.
C'est dans le cadre de ses activités hydrographiques que le «LAPEROUSE» reçoit fin 1949, la mission de reconnaître nos îles australes pour réaffirmer notre souveraineté, et d'acheminer sur Kerguelen une mission scientifique préliminaire, dirigée par Pierre SICAUD. Le navire quitte Diégo-Suarez le 23 novembre 1949. A bord a pris place E. AUBERT DE LA RUE, chargé d'études, comme naturaliste, à la demande de Pierre SICAUD. Après une brève escale à Tananarive, puis à Durban au Natal, le navire, sous le commandement du Capitaine de frégate DUPONT DE DINECHIN, arrive en vue de l'archipel des Crozet le 7 décembre, et le 8 décembre, il mouillle devant l'île de la Possession dans la baie du navire. L'escale est brève puisque le navire repart dans l'après-midi pour Kerguelen où il arrive le 11 décembre en fin d'après-midi. II jette l'ancre en rade de Port Navalo, dans la partie sud-est de l'archipel. Après avoir recherché plusieurs sites favorables pour l'installation de la base, Pierre SICAUD choisit une petite anse, à l'est de la pointe Molloy, qu'il baptise Port aux Français. Très rapidement, et avec l'aide de l'équipage, les membres de l'expédition débarquent le matériel et commencent à monter les tentes et à construire les premières cabanes. Le 1-janvier 1950, la station radio est terminée et la station météorologique commence ses observations. Sitôt le matériel déchargé, le «LAPEROUSE» effectue des travaux hydrographiques le long des côtes, dans la passe Royale, et visite Port Jeanne d'Arc. Ses travaux achevés, il quitte Kerguelen le 16 janvier 1950 pour les îles Saint-Paul et Amsterdam, laissant la mission Sicaud qui sera rapatriée en avril 1950 par le navire polaire «COMMANDANT CHARCOT», de retour de Terre Adélie.
Le 19 janvier 1950, le «LAPEROUSE» mouille devant Amsterdam, mais aucun débarquement ne peut être envisagé en raison de conditions météorologiques épouvantables. Après quelques contacts radio échangés avec la mission Martin de Vivies, sur l'île depuis le 31 décembre 1949, le navire fait alors route sur Madagascar et arrive à Diégo-Suarez le 31 janvier 1950.
Dans le cadre de ses missions hydrographiques en océan Indien, le « LAPEROUSE» reviendra par deux fois dans les îles australes françaises. En mai 1951 à Kerguelen pour relever la deuxième mission, puis à Amsterdam où de nouveau les conditions météorologiques interdisent tout débarque-ment. II reviendra à Kerguelen une dernière fois du 6 février au 9 mars 1956, sous le commandement du Capitaine de frégate P. RITTI.
Après avoir participé à de brèves missions en mer Rouge, au moment de l'affaire de Suez, en 1956, le « LAPEROUSE» quitte l'océan Indien en 1965 et rallie Brest où il est affecté. II est classé bâtiment hydrographique de 1" classe et porte le numéro de coque A 753. Suite à une avarie importante de pro-pulsion, il est placé en réserve spéciale B en février 1967 et utilisé comme bâtiment-base du « Groupe des bâtiments de réserve » à Brest. La dissolution de cet organisme en mars 1976, laisse la coque du «LAPEROUSE» sans emploi. Par arrêté du 31 janvier 1977, cette coque prend le numéro Q 569 et est utilisée comme brise-lames dans le port de Brest.
Caractéristiques du « LAPEROUSE » lors de son réarmement en 1946 :

  • Longueur: 95 m
  • Largeur: 11,76 m
  • Tirant d'eau maximum en charge: 3,20 m
  • Déplacements: 1372 tW - 1560 tpc
  • Vitesse: 18 noeuds
  • Propulsion: 2 hélices/ 2 moteurs diésel SULZER (6 cylindres)
  • Armement: 2 canons de 105 m/m 4 canons AA 40 m/m 4 canons AA 20 m/m

Le « LAPEROUSE» (1946-1977) est le cinquième bâtiment de la Marine nationale à porter ce nom. Le premier fut un brick de 33,60 m à 20 canons (1830-1875), le second un croiseur à barbette de 80 m (1875-1898), puis un aviso hydrographe colonial de 64 m (1919-1945) et enfin un aviso colonial mis sur cale aux forges et chantiers de la Gironde à Bordeaux en 1939. Prévu pour être aménagé en bâtiment hydrographe, il ne fut jamais achevé.

Pierre COUESNON
Historien des TAAF

(Notice n°265 reproduite avec l'aimable autorisaton de l'administration postale)

Maquette: Graveur: Couleurs: Impression: Format: Dentelure: Feuilles: Tirage: Coins datés :
Bleu, vert
Taille-douce
27 x 48
Horizontal
13
25 timbres
par feuille
?