Station Franco-Italienne Concordia
Timbre commémorant le le premier hivernage à Dôme C, à la station Franco-Italienne Concordia.
Si plus de 40 stations fonctionnent sur les côtes de l'Antarctique, les 14 millions de Km² du continent blanc sont toujours une " terra incognita " pour de nombreux domaines scientifiques puisque, jusqu'à présent, seules deux stations continentales permanentes y ont été ouvertes : la station américaine Amundsen-Scott et la station russe Vostok (respectivement en 1956 et 1957). Conscients de l'intérêt du plateau antarctique, l'Institut Polaire Français (IPEV) et le programme antarctique italien (PNRA) ont décidé de combler cette lacune et de coopérer pour la réalisation d'une station moderne, implantée au Dôme C : la station Concordia.
Le Dôme C (75°06'S et 123°21'E) est situé hors de la partie du continent Antarctique revendiqué par la France ; à une altitude de 3233 m sur la calotte polaire, il est éloigné de près de 1000 Km des côtes et caractérisé par des vents et des précipitations très faibles et de très basses températures (-30° C en été, -80° C en hiver). L'implantation a été choisie pour les perspectives offertes en glaciologie, en astronomie, en astrophysique, en sciences de la Terre (observatoires sismologique et magnétique) et pour l'étalonnage de capteurs embarqués à bord des satellites. Il constitue également un lieu de choix pour des projets ambitieux sur la préparation des mission spatiales (étude du comportement humain en conditions isolées et climatiques sévères).
La station Concordia comporte deux édifices principaux en forme de polygones érigés sur 6 pilotis. Un troisième bâtiment annexe abrite la centrale électrique, la chaufferie et le traitement des eaux. Cet ensemble immobilier a fait appel, pour sa construction, à de nombreuses innovations technologiques ; lors de son exploitation, une quinzaine d'hivernants seront accueillis de façon permanente.
L'édification de la station a nécessité le transport de plus de 3000 tonnes de matériels et carburant acheminés depuis la côte par des transports terrestres lourds à partir de la station française Dumont d'Urville. De façon complémentaire, Concordia est reliée à la station italienne " Mario Zuchelli " par des avions légers.
Depuis son élaboration, le projet a intégré toutes les méthodes disponibles pour contribuer à la réduction de l'impact sur l'environnement conformément au Protocole de Madrid (1991) ; l'unité de traitement des eaux usées, conçue en collaboration avec l'Agence Spatiale Européenne, en constitue un des meilleurs exemples.
Gérard JUGIE
Directeur de I'IPEV
(Notice n°338 reproduite avec l'aimable autorisaton de l'administration postale) |