Emission: Faciale: Notice: Yvert: Cérès: Dallay: Scott: SG: Michel: WNS:
01/01/2006
2,50 €
345
PO 443
PO 442
PO 441
368
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La vierge des phoquiers.
District concerné: Ker

Le fonds des collections mobilières patrimoniales des TAAF recèle une pièce monoxyle et monochrome qui porte le n° 214. Haute de 68 cm, c'est une statue qui émerge d'un socle taillé dans la même masse de 15 cm de côté et de 6 cm de haut. C'est à l'évidence une " Vierge à l'enfant " connue comme " Vierge des Phoquiers " ; elle se trouve à la Pointe de l'Ornithologue, sur la Péninsule Courbet, à Kerguelen. Elle fut sculptée dans les années 1950 par Félix Férioli (1878 - 1963), dans une poutre de chêne récupérée d'un bâtiment ancien de Gisors (Eure).
De belle facture - le traitement des mains aussi bien de la mère que de l'enfant en témoigne - c'est une oeuvre de pure création, c'est à dire qu'elle n'est la copie servile d'aucun modèle. On lui reconnaîtra cependant un style gothique et des réminiscences de certaines oeuvres françaises des XIVe et XVe de Bretagne et d'Auvergne.
D'une exquise et délicate féminité révélée, entre autre, par un léger déhanchement, la jeune mère qui porte une couronne de reine et un vêtement savamment drapé tient sur son bras gauche un enfant à la tête légèrement disproportionnée, comme c'est souvent le cas pour de semblables sujets. L'enfant pose une main sur le sein droit de sa mère tandis qu'il tient dans la main gauche ce qui semble être un fruit, peut-être une pomme.
Cette relation sensuelle et pudique de l'enfant Jésus et de sa mère crée une parenté de forme avec nombre de " vierges à l'enfant ". Elle nous rappelle, en particulier, la Vierge à l'Oiseau de l'église N.-D. du Marthuret de Riom. De cette dernière la Vierge des Phoquiers diffère toutefois, outre par la matière, par l'attitude de l'enfant : l'enfant de la vierge auvergnate regarde sa mère, celui de la Vierge des Phoquiers est tourné vers l'extérieur et comme présenté, voire donné au monde.
En 1958, Marc Péchenart ami de la famille Férioli et alors directeur de la SIDAP (Société Industrielle des Abattoirs Parisiens) nouvellement implantée à Port-aux-Français, acquit l'oeuvre et l'offrit au tout nouveau Territoire des TAAF en souvenir de son mariage avec Martine Raulin célébré quelques mois plus tôt à Port-aux-Français. On se souvient que la toute jeune Mme Péchenart était également la marraine de l'église construite à Port-aux-Français et dédiée, le jour même de son mariage, à N.-D. du Vent. Pierre Férioli, fils du sculpteur et lui même artiste, était alors collaborateur de Marc Péchenart.
C'est donc par référence aux activités de la SIDAP que cette vierge reçut son vocable de " Vierge des Phoquiers ". Placée sur un pilier de basalte surmonté d'une niche (hélas aujourd'hui cimentée et peinte en bleu), la statue en fut une première fois extraite en 1989 pour être nettoyée par MM J .-P Sarthou et R. Doniat et pour recevoir les soins qu'ils crurent bons de lui prodiguer ; c'est du moins ce que signale une plaque de cuivre fixée sur son socle.
En 1993-94, lors de la toute première campagne de la Mission du Patrimoine, le signataire de ces lignes estimant que l'oeuvre était en péril - éclatement du bois en plusieurs endroits, attaques acides par les guanos des oiseaux nombreux qui fréquentent la Pointe, perte d'une main - décida de la rapporter à P.A.F. Une opération fut menée par le Chef de district d'alors, le regretté Alain Duret-Nauche, l'adjudant-chef Bichot conduisant un G.M.C. remis en service pour l'occasion... Eric Hervé, géomètre cartographe et auteur de la carte archéologique de Pointe Morne, assistait le chef de mission.
Rapportée en métropole, la statue fut nettoyée et restaurée. Michel Bourbon des ateliers du Louvre en réalisa une empreinte dont il sortit deux moulages dans des résines capables de résister pendant plusieurs décennies aux attaques des vents chargés de sable, des rayons UV, du gel, etc. C'est un de ces moulages qui se trouve dorénavant à la Pointe de l'Ornithologue, face à la mer. Le second moulage est mis en réserve tandis que l'original est conservé dans le fonds des collections du patrimoine historique des TAAF.

Jean-François LE MOUEL
CNRS
Chargé de la Mission du Patrimoine historique et des sites archéologiques des TAAF

(Notice n°345 reproduite avec l'aimable autorisaton de l'administration postale)

Maquette: Graveur: Couleurs: Impression: Format: Dentelure: Feuilles: Tirage: Coins datés :
bleu, rouge
Taille-douce
27 x 48
Vertical
13
25 timbres par feuille
70 000