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01/01/2008
0,54 €
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Samivel
District concerné: TA

Parisien de naissance, il est savoyard d'adoption. Il finit ses études au lycée de Chambéry, où il a comme professeur d'histoire et de géographie, M. Petiot alias Daniel-Rops, avec lequel il conservera de bonnes relations.
Il a emprunté son pseudonyme à une lecture de son enfance, les Aventures de Mr Pickwick de Dickens.
Il s'est d'abord fait connaître par ses dessins, aquarelles et illustrations de revues, de livres et d'albums consacrés à la montagne, car Samivel a été, très jeune, un fervent des sports alpins. Auteur de plusieurs premières dans le massif du Mont-Blanc, ses ascensions se comptent par centaines.
Sa carrière d'imagier débute en 1928 par une collaboration à des revues d'alpinisme, dont La Vie alpine, puis nait le précieux Sur les planches et Sous l'œil des choucas où se retrouvent la montagne et l'humour. Plus tard, c'est L'opéra de pics d'un ton plus philosophique que préfacera Jean Giono, Moins dix degrés et Neiges.
Samivel illustrera de grands auteurs : François Villon, Rabelais, Jean de La Fontaine, Swift, C.F. Ramuz, etc. Il écrira et illustrera des albums pour enfants : Brun l'ours, Les malheurs d'Ysengrin, Goupil, François de France, Trag le Chamois, etc. Vers la même époque paraît Parade des diplodocus, Canard et Les blagueurs de Bagdad.
Il réalisera ensuite la série des Dumollet, une féerie théâtrale, La grande nuit de Merlin et l'inimitable Bonshommes de neige - dessin inanimé avec commentaires de l'auteur.
Mais l'écrivain commence à pointer sous les images. Son premier récit L'amateur d'abîmes paraît en 1940 et sera régulièrement réédité jusqu'à nos jours.
Après la Seconde Guerre mondiale, il collabore aux Nouvelles Littéraires. Il y écrira des articles et des nouvelles. Il en illustrera la première page avec des dessins très humoristiques sur les arts et les lettres.
Il accompagne Paul-Émile Victor dans la première expédition française au Groenland en 1948 et réalise trois films documentaires sur cette expédition (Les hommes du phoque, Printemps arctique et le film de l'expédition). Il réalisera également des aquarelles et des dessins qui illustreront le conte eskimo qu'il écrira Ayorpok et Ayounghila.
Ensuite, c'est la période des voyages dont il rapportera à la fois des films et des livres. Ses sujets d'élection sont la nature et l'histoire. C'est d'abord le monde de l'Arctique. Puis il réalisera un film sur la beauté de la nature alpestre Cimes et merveilles(1er prix international du film de montagne au festival de Trente (Italie) en 1952).
Il fut également un précurseur très engagé, comme son ami Théodore Monod, pour la protection de la nature et de la vie sous toutes ses formes. Toute son existence, il mit ses multiples talents au service des espaces naturels menacés et des espèces en péril.
Plus tard, Samivel crée un nouveau style d'évocation du passé où l'aventure d'une civilisation est suggérée à travers les hommes, les grands décors naturels et les œuvres d'art. Ainsi en 1954, il voyage en Égypte et en rapportera son fameux film Trésors de l'Egypte (1er prix international du film d'exploration dans le temps). Puis il réalise Le soleil se lève en Grèce, Univers géant ou les nouveaux voyages de Gulliver (conte philosophique dans lequel le héros de Swift se trouve projeté dans la jungle de l'herbe et le monde des insectes), L'or de l'Islande, Cimes et merveilles II.
Cependant le Samivel graphiste n'a jamais cessé d'être fasciné par le monde de l'altitude. Ses aquarelles de neige et de haute montagne, proches de la vision des peintres extrêmes-orientaux sont exposées dans différents musées et galeries. Son œuvre est célèbre et fort recherchée.
L'écrivain marquera une prédilection particulière pour les nouvelles, genre dans lequel il excellait, et dont certaines seront reprises ultérieurement dans des livres Contes à pics, Contes des brillantes montagnes avant la nuit et Il y aura de l'eau pour les cygnes. Un roman, toujours d'actualité, Le fou d'Edenberg lui vaut d'être nominé pour le prix Goncourt.
À noter aussi les ouvrages Les grands cols des Alpes, La grande ronde autour du Mont-Blanc, Monastères de montagnes et Montagne paradis ou le rêve romantique. Hommes, cimes et dieux est, quant à lui, consacré aux grandes mythologies de l'altitude et à la légende dorée des montagnes à travers le monde et fut récompensé par le prix Louis Barthou de l'Académie française, tout comme Le grand Oisans sauvage.
Il est également l'auteur de pièces de théâtre et d'un minuscule fascicule de chansons Chansons de montagne.
La dame du puits, fablier pour adulte, paraît en 1991. Cette même année, Karel Prokop réalise un film sur Samivel Samivel, l'esprit émerveillé diffusé sur FR3 et à la Télévision suisse romande.
Il fut aussi un conférencier recherché et très apprécié (Connaissance du Monde notamment).
Sa bibliographie, en cours de recensement, est extrêmement riche et variée. Outre ses livres (une cinquantaine), et ses films (une quinzaine), elle fourmille de collaborations à des ouvrages collectifs, de préfaces, d'articles, d'illustrations, voire de publicités, de cartes postales, d'affiches, etc.
Il a été traduit en plusieurs langues notamment en anglais, allemand et italien.

Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Samivel


Paul Gayet Tancrède dit Samivel est né à Paris le 11 juillet 1907. Son père, officier, décède en mission six mois avant sa naissance. Son grand père paternel, le professeur Alphonse Gayet, chirurgien ophtalmologiste à Lyon fut à l'origine de l'opération de la cataracte.
Elève au collège Janson de Sailly à Paris, il poursuit ses études à Chambéry, au collège Saint François, puis au lycée Vaugelas. C'est là qu'il découvre la montagne qu'il pratiquera avec passion et qui sera le thème central de ses activités artistiques et littéraires.
Sa carrière débute dans les années 30 par le graphisme ; il illustre des textes de La Fontaine, Villon et Rabelais. Mais l'écrivain commence à poindre sous le dessin et son premier livre " l'Amateur d'abîmes " est consacré à sa passion pour les Alpes françaises, suisses et italiennes. Puis il publie une série d'albums sur " Monsieur Dumollet ", un concept dont il est l'inventeur et abondamment imité par la suite. Ces publications sont très remarquées par leurs qualités littéraires et graphiques.
Marié, père de deux enfants, il s'installe à Saint-Paul-de-Vence puis à Vence. Mais il effectue de nombreux séjours dans son chalet des Contamines en Haute-Savoie que sa mère fit construire dans les années 20.
Après la guerre, il collabore aux Nouvelles Littéraires en publiant de nombreux articles et nouvelles et en illustrant la première page de dessins souvent incisifs sur les arts et les lettres. C'est à cette période qu'il découvre et se passionne pour la caméra et le cinéma, qui donneront une nouvelle dimension à son génie artistique.
C'est à ce titre et comme envoyé des Nouvelles Littéraires qu'il contacte, fin 1947, Paul Emile Victor pour faire partie de la première expédition polaire française au Groenland que ce dernier prépare activement. Sa candidature, appuyée par Robert Gessain qui apprécie ses talents artistiques et Michel Pérez qui le connaît bien comme alpiniste, est rapidement acceptée. C'est ainsi qu'il participe à la première campagne préparatoire au Groenland de mai à octobre 1948 en compagnie de Georges de Caunes et du photographe et cinéaste Jean Jacques Languepin. Il tourne un film sur l'expédition et deux autres à caractère scientifique : " Printemps arctique " avec le géologue André de Cayeux et " Les hommes du phoque ", chronique sur les Esquimaux du village d'Ata et de l'île de Disko avec son autre ami, le géographe et ethnologue Jean Malaurie. Il rapporte de cette expédition de nombreux dessins et aquarelles sur la faune, la flore et les Esquimaux du Groenland. Il dessine, au profit des Expéditions Polaires Françaises (EPF), deux cartes postales, aux traits sobres et humoristiques, qui rencontrent un grand succès parmi les membres de l'expédition et qui sont aujourd'hui très recherchées par les collectionneurs.
De cette aventure polaire, il conservera toute sa vie une fascination pour les régions arctiques et plus particulièrement le Groenland et ses habitants les Esquimaux. II en témoignera dans nombre de ses oeuvres tant littéraires que graphiques.
Puis c'est la période des grands voyages. Il visite l'Egypte d'où il rapporte son fameux film " Trésors et Mystères de l'Egypte " qui obtient la premier prix international du film d'exploration. D'autres suivent en Grèce, en Islande... Il est des premiers conférenciers de " Connaissance du monde " et évoque avec passion la montagne, la nature et l'histoire. II écrit de nombreux ouvrages sur l'histoire des Alpes mais aussi sur la mythologie de l'altitude et sur les légendes des montagnes à travers le monde. L'un d'eux " Hommes, Cimes et Dieux " est récompensé par un prix de l'Académie Française. Un de ses grands romans " Le fou d'Edenberg ", chronique d'une vallée perdue des Alpes, est nominé au prix Goncourt.
Artiste prolifique, il explore avec passion, inspiration et originalité la littérature, la peinture, le graphisme et le cinéma. II a toujours beaucoup travaillé et resta très actif jusqu'à sa mort. En 1991, un film diffusé à la télévision lui fut consacré : " Samivel, l'esprit émerveillé " et plus récemment, un livre sur sa vie et son oeuvre : " Samivel, l'âme du monde " pour le centième anniversaire de sa naissance.
Attentif à tout ce qui pèse sur le monde des hommes, Samivel fut un écologiste avant la lettre. Rien dans la nature ne lui était indifférent ou étranger. Par son action et son oeuvre, il a pris la défense de la montagne et plus généralement de la nature, menant le même combat que ses amis P.E. Victor, M. Herzog, H. Tazief ou A. Bombard.
Samivel le poète, l'écrivain, le graphiste, l'aquarelliste, le cinéaste, le conférencier était un homme de grand talent, sensible et subtil. Pionnier des Expéditions Polaires Françaises, il a laissé parmi ses compagnons d'expédition le souvenir d'un homme simple et cultivé, d'un penseur en prise directe avec la nature qui parcourait le monde de sa démarche d'homme tranquille, un très léger sourire énigmatique aux lèvres. Il s'est éteint le 18 février 1992 à Grenoble.

PIERRE COUESNON
Historien des TAAF.

(Notice n°365 reproduite avec l'aimable autorisaton de l'administration postale)

Maquette: Graveur: Couleurs: Impression: Format: Dentelure: Feuilles: Tirage: Coins datés :
Orange, brun
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Vertical
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