| Emission: | Faciale: | Notice: | Yvert: | Cérès: | Dallay: | Scott: | SG: | Michel: | WNS: |
01/01/2008 |
0,90 € |
369 |
PO 503 |
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401 |
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Épave de L'Espérance Henry Bossière, concessionnaire des îles Kerguelen depuis 1893 n'avait pas entrepris grand-chose pour l'exploitation et la mise en valeur de l'archipel faute de moyens financiers. Avec son frère René, il s'était contenté depuis 1908 de passer un contrat avec une société norvégienne, puis à partir de 1920 avec une société anglo-sud-africaine basée au Cap pour la chasse à la baleine et au phoque. Le faible pourcentage qu'ils retiraient sur la vente de l'huile suffisait à peine à entretenir une petite exploitation d'élevage de moutons créée en 1913 et arrêtée entre 1915 et 1920 en raison de la guerre. Mais les autorités françaises ne veulent plus que des sous-traitants étrangers exploitent l'archipel et elles menacent de déchéance le concessionnaire. Sous la pression, Henry Bossière crée alors sa propre société " Pêches Australes " en février 1925. Filiale de la société mère concessionnaire qu'il a créée avec son frère, la Compagnie générale des îles Kerguelen, Saint Paul et Amsterdam, elle a pour but la production d'huile d'éléphants de mer. Il achète un bateau le Lozère qu'il fait aménager en navire-usine et un petit vapeur l'Arques. Ce dernier permet aux équipes de chasseurs de pénétrer dans les baies profondes de l'archipel pour abattre les animaux et ensuite acheminer le lard vers le navire-usine. Deux campagnes sont ainsi effectuées avec des résultats très modestes. Lors de la troisième en 1927-1928, l'Arques est perdu le 13 décembre 1927 à la suite d'un échouage qui brise l'hélice et le gouvernail. A la fin de la même campagne, Le Lozère, chargé de 1 200 tonnes d'huile, heurte un haut fond dans le détroit de la Gazelle le 12 février 1928 et est lui aussi définitivement perdu. Loin de se décourager face à cette série de catastrophes, les frères Bossière décident de poursuivre leurs activités et de s'endetter pour acheter un nouveau navire-usine baptisé Austral et un nouveau vapeur chasseur l'Espérance. Construit à Rotterdam en 1917, l'Espérance, ex-Vilvorde (1917-1918), ex-Harlingen (1919-1920), ex-Alberta (1921-1928) est un vapeur de 40 mètres de long, 7 mètres de large et de 350 tonneaux de jauge brute. Il est équipé d'une machine de 265 CV. Acheté en juin 1928 à Anvers par les frères Bossière sur recommandation de leur homme de confiance, l'officier mécanicien André Berland, c'est le capitaine Ludovic Charrier qui en prend le commandement dans ce port belge avec 18 hommes d'équipage. Il rejoint le Havre et appareille pour la nouvelle campagne phoquière à Kerguelen dès le 28 juillet 1928 car il est plus lent que l'Austral. Ce dernier, qui a attendu sa francisation, n'appareille que le 4 septembre et les deux navires se retrouvent à l'île Saint Paul où les Bossière ont décidé d'implanter une usine langoustière. Le 4 novembre ils font route sur Kerguelen. L'Austral et l'Espérance effectuent ensemble trois campagnes à Kerguelen. La production d'huile se révèle très inférieure à celles des anglo-sud-africains. Les raisons sont nombreuses : manque de savoir-faire des personnels, moyens financiers et matériels insuffisants et multiples avaries et incidents à bord des deux navires. En mars 1931, alors que la campagne s'achève avec seulement 600 tonnes d'huile à bord, le commandant de l'Austral reçoit un S.O.S. de l'usine langoustière de Saint Paul où des évènements tragiques se déroulent avec le décès de nombreux employés malgaches. Un message radio des frères Bossière lui demande d'interrompre sa campagne, d'embarquer tout le monde, y compris les bergers de Port Couvreux, et de se rendre immédiatement au secours des langoustiers à Saint-Paul. En raison de la chute des cours de l'huile, les Bossière n'envisagent pas de campagne pour l'année suivante. En fait, ils ne feront plus de campagne phoquière à Kerguelen, car, à la chute des cours, s'ajoutent les évènements de Saint Paul qui mettent un terme à leurs rêves de mise en valeur des îles Australes. Le 29 mars 1931, l'Austral quitte précipitamment et définitivement Kerguelen, laissant l'Espérance au mouillage de Port des Iles situé entre les îles du Cochon, du Chat et du Cimetière. Le professeur Jeannel qui visite Port des Iles en février 1939, lors de la mission de l'aviso Bougainville, signale la présence de l'Espérance échouée sur la côte de l'île du Chat avec " trois crânes de baleine à proximité ". En 1949, lors de l'installation de la base permanente de Port aux Français, des hivernants, en examinant le navire, s'aperçoivent qu'une charge explosive a soufflé la machine et crevé la coque. L'épave de l'Espérance devient une énigme. Qui a pu saboter ce navire abandonné ? On pense en premier aux corsaires allemands qui, entre décembre 1940 et mars 1941 sont venus relâcher à Kerguelen pour changer leur camouflage et s'approvisionner en eau ; mais c'est peu probable, car ils prenaient soin d'effacer toute trace de leurs passages pour ne pas se faire repérer. Le croiseur Australia est parfois évoqué, qui mouilla des mines à Kerguelen en novembre 1941 pour empêcher justement les corsaires allemands de s'y réfugier ou d'installer une station météo ; mais le journal de bord du croiseur, pourtant détaillé à propos de son passage à Kerguelen, n'en fait pas mention. On peut envisager aussi, que sur ordre de l'Amirauté, des baleiniers et phoquiers norvégiens ou sud-africains aient neutralisé l'Espérance au tout début de la guerre pour éviter que les allemands s'en servent ; mais ce n'est qu'une hypothèse. Il est impossible de situer la date du sabotage et de savoir si celui-ci est lié à l'échouage du navire. Jeannel en 1939 n'est pas monté à bord et n'a pu voir si le sabotage avait déjà eu lieu. L'échouage de l'Espérance est peut-être la conséquence d'une tempête qui lui a fait rompre ses amarres au mouillage de Port des Iles ? Mais pour le sabotage par explosifs, le mystère reste entier. Quoiqu'il en soit, l'épave de l'Espérance - que certains mentionnent comme celle de l'Alberta, car avec le temps la peinture s'est écaillée et l'ancien nom du navire apparaît - fait partie du patrimoine des TAAF. A l'évidence, son existence est limitée car le temps, la rouille, les tempêtes et les prélèvements intempestifs au titre de "souvenirs" la feront disparaître d'une manière inéluctable. Mais pour l'heure, elle reste un témoin majeur des activités du passé dans l'archipel. PIERRE COUESNON (Notice n°369 reproduite avec l'aimable autorisaton de l'administration postale) |
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| Maquette: | Graveur: | Couleurs: | Impression: | Format: | Dentelure: | Feuilles: | Tirage: | Coins datés : | |
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Multicolore |
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27 x 48 Horizontal |
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25 timbres par feuille |
100 000 |
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