Emission: Faciale: Notice: Yvert: Cérès: Dallay: Scott: SG: Michel: WNS:
09/11/2008
TVP
287
PO 520
?
?
410
?
672
?

Le "Marion Dufresne"
Districts concernés: Cro, Ker, SPA

Lors du Salon philatélique d'automne qui s'est tenu porte de Champerret du 6 au 9 novembre 2008, les TAAF ont tenu un stand comme les années précédentes. A cette occasion, le territoire a mis en vente un timbre à valeur permanente (TVP) avec valeur d'affranchissement pour la France. Ce qui est une première car jusqu'à présent tous les TVP (Émis dans les carnets de voyages) avaient une valeur d'affranchissement pour l'étranger. Le visuel de ce timbre reprendra celui du PAP émis cette année à l'occasion du passage du Marion Dufresne à Brest 2008. Ces deux timbres reprennent le visuel du timbre PO 330 émis en 2002 (mais sans la faciale). Vous trouverez ci-dessous le texte de la notice.

Lire l'infophil relatif à la vente de ce timbre


Le "Marion Dufresne"

Mis en service le 12 mai 1995, le Marion Dufresne est entré dans sa 6ème année. Il aura déjà parcouru près de 500 000 miles nautiques soit, approximativement, 12 fois le tour de la Terre, réalisé 37 rotations logistiques ou scientifiques vers les îles australes françaises et 24 campagnes océanographiques sans compter de nombreuses valorisations de transit scientifiques sur tous les trajets de liaison.
C'est donc 148 escales dans les îles australes qui furent réalisées. Le terme d'escale prête d'ailleurs à confusion puisque, n'étant pas équipé de véritables quais les bases de Port Martin aux îles Crozet, Port aux Français à Kerguelen et Martin de Vivies à l'île d'Amsterdam ne sont rien d'autre que des mouillages de rade foraine. Les opérations de débarquement qui y sont réalisées ressemblent plus au débarquement d'assaut des militaires qu'à l'image traditionnelle du navire escalant au port. Les marins d'ailleurs ne s'y trompent pas car, le navire est considéré comme étant à la mer, «paré-à-manœuvrer »  pendant tout le séjour dans les TAAF.
Malgré le caractère rustique de ces opérations, ce sont des centaines de tonnes qui sont déchargées à chaque voyage. Vivres et combustible, bâtiment, mobilier, matériel de travaux publics, matériel scientifique tout peut être et doit être déchargé pour faire vivre et travailler les équipes qui hivernent chaque année.
Pour effectuer ces opérations les moyens dont dispose le Marion Dufresne sont nombreux. Il dispose maintenant de barges automotrices (extrapolées des barges mytilicoles de Vendée) qui mériteraient de figurer dans le livre des records comme le plus petit navire porte-conteneur (puisqu'elle n'en embarque qu'un). Mais les fameuses «portières» sorte de radeaux pneumatiques pontés, hérités des ponts de bateaux de la dernière guerre existent toujours. Elles ont la rusticité nécessaire pour opérer sur les côtes sans trop de casse.
La présence d'un hélicoptère sur le navire permet pendant les rotations logistiques et par temps médiocre d'accélérer le débarquement des passagers (et d'éventuels touristes) mais aussi de débarquer le courrier et de monter rapidement des opérations de quelques dizaines de tonnes.
En définitive, dans le domaine de la logistique subantarctique, il n'y pas de révolution mais une évolution et des progrès qui pourront le temps venu, avec le développement des installations portuaires mener à la conteneurisation source de sécurité et de rapidité. Le navire a été conçu pour cette évolution inéluctable.
La deuxième fonction du navire, celle d'un navire de recherche scientifique s'est développée à la suite d'un nouveau partage du temps navire entre le Territoire des Terres Australes et Antarctiques Françaises et l'Institut Français pour la Recherche et la Technologie Polaires qui, maintenant, utilise le navire les 2/3 de l'année.
Ceci ne remet pas en cause le service des îles australes car, chaque année, sont réalisées 3 rotations en été et une en hiver auxquelles il faut ajouter une rotation scientifique pour les activités d'observatoires.
Cependant, le nombre de jours consacrés à l'océanographie, le développement des programmes scientifiques normaux, dont certains n'existent que grâce au Marion Dufresne, ont entraîné le navire vers des horizons de plus en plus lointains, au point que maintenant toutes les mers sont à sa portée. Les 145 escales du navire en campagnes scientifiques sont ainsi réparties sur les 5 continents.
Dès sa campagne inaugurale IMAGES 1 en 1995, le Marion Dufresne s'est frotté au pack-ice de l'Arctique et aux tempêtes de l'Atlantique Nord. Une deuxième campagne INTERPOLE 1 dans la même zone l'a amené des eaux chaudes des Caraïbes, à la baie de Chesapeake puis, successivement dans les fjords du Canada (avec une escale mémorable dans la «Belle Province» à Québec, du Groenland, de l'Islande, de la Norvège et même du Spitzberg.
Les eaux du Pacifique dans des programmes Nord-Sud ont aussi été prospectées par 2 fois. IMAGES 3/ IPHIS en 1997 amena le navire des eaux antarctiques à -1 °C à la «warm pool» ou chaudron indonésien, dont l'eau avoisine les 33 °C. En 2001 cette fois, le navire fit le reste du trajet Sud-Nord de la «warm pool» à la Mer d'Okhotsk au large de la Sibérie où le navire a retrouvé les eaux polaires.
Ces voyages au long cours n'ont pas empêché le navire de revenir par 3 fois travailler dans les eaux européennes car le navire est de plus en plus demandé et de plus en plus fréquenté par les européens. La dernière en date, cet été 2001, a vu le navire s'intéresser dans le cadre d'un programme de coopération sur les zones à risques sismiques de la Mer de Marmara en Turquie et du Golfe de Corinthe en Grèce.
Biologie, géologie, échanges océan atmosphère, cycle du carbone, géophysique structurale, sédimentologie, les équipes internationales embarquées sur le Marion Dufresne oeuvrent dans tous les domaines de la Science.
La taille et les capacités du navire permettent en effet d'embarquer les équipes les plus lourdes dans des programmes interdisciplinaires les plus sophistiqués. Le navire est même devenu une «université flottante». Par 2 fois ont embarqué des classes d'université de 30 élèves et professeurs. Cours magistraux le matin, participation aux opérations scientifiques le reste du temps, n'est-ce pas la meilleurs façon de former les océanographes de demain ? C'est donc parfois 70 scientifiques et étudiants qui font du Marion Dufresne le plus grand navire scientifique en terme de personnel embarqué.
Enfin, il est bon de signaler que le Marion Dufresne est devenu le navire par excellence du programme international IMAGES auquel adhèrent 25 nations dont toutes les grandes nations industrielles. Ce programme n'existe que grâce aux performances uniques des systèmes de carottage géant CALYPSO mis au point sur le navire. Il détient d'ailleurs, et largement, les records de longueur de carottes sédimentaires dans toutes les mers (avec un record absolu à 58,50 mètres dans un fjord canadien).
L'année 2002 verra le navire opérer dans le Pacifique et le long des côtes Ouest et Est de l'Amérique du Nord, les projets pour les années suivantes ne manquent pas. Gageons qu'à l'avenir le Marion Dufresne restera le navire emblématique des Terres Australes et Antarctiques Françaises mais aussi un exemple de coopération scientifique européenne et plus généralement internationale.

Y. BALUT
Chef du Département Océanographie

(Notice n°287 reproduite avec l'aimable autorisaton de l'administration postale)

Maquette: Graveur: Couleurs: Impression: Format: Dentelure: Feuilles: Tirage: Coins datés :
bleu, noir, orange
Offset
27 x 48
Horizontal
13
25 timbres
par feuille
1er tirage: 100 000