Charles Gaston Rouillon (1915-2007)
Districts concernés: Terre Adélie - dans une moindre mesure Kerguelen
Alpiniste et explorateur français du XXe siècle. En 1940, après la défaite, le lieutenant de chasseurs alpins Charles Gaston Rouillon est cofondateur de l'organisation Jeunesse et Montagne destinée à offrir une formation aux classes d'âge démobilisées. Charles Gaston Rouillon sera directeur adjoint et responsable scientifique des Expéditions Polaires Françaises de Paul-Émile Victor (1949-1980).
Il a participé aux missions suivantes:
Mission: |
Fonction: |
| Campagnes d'été Groenland 1949, 1950 |
Adjoint au chef de mission |
| Campagne d'été Groenland 1951 |
Chef de mission |
| Campagne d'été Dumont d'Urville 1957 |
Chef de mission |
| Hivernage Dumont d'Urville 1958 (Année Géophysique Internationale S3) |
Chef de mission |
| Campagne d'été Charcot 1959 |
Chef de mission |
| Campagne d'été Kerguelen 1963 |
Campagne de gravimétrie |
| Campagnes d'été Dumont d'Urville 1971, 1972 |
Adjoint au chef de mission |
| Campagne d'été Dumont d'Urville 1980 |
Personnel EPF |
Lire sa biographie sur le site Jeunesse et Montagne
Avec ce timbre, le territoire des TAAF honore l'un des acteurs les plus marquants de l'histoire polaire française de la seconde moitié du 20ème siècle. Issu d'une famille bourbonnaise de maîtres verriers Charles Gaston Rouillon, après des études secondaires, à Paris, au collège Stanislas, intègre en 1934 l'École Spéciale Militaire de Saint-Cyr. Affecté dans les Chasseurs Alpins en Dauphiné, il commande une unité d'éclaireurs-skieurs. Il est sélectionné dans l'équipe olympique militaire de ski de fond pour les J.O. de 1940. La guerre l'amènera à réviser la route qu'il s'apprêtait à suivre.
Lieutenant-instructeur pour le perfectionnement des aspirants pendant la « drôle de guerre », il participe de façon active aux combats retardateurs de l'avance allemande, de la Marne à la Haute-Vienne. Commandant de compagnie, en Charente, à la signature de l'armistice, il sera en octobre 1940 affecté à la Direction des Groupements « Jeunesse et Montagne (J.M.) » à Grenoble.
Jusqu'au débarquement du 6 juin 1944 Gaston Rouillon concentrera son activité à J.M. comme conseiller pour l'implantation des équipes puis comme responsable des activités ski et montagne. A la dissolution de J.M. il passe aux F.F.I. de l'Isère comme adjoint militaire du chef du secteur Belledonne-Grésivaudan et participe aux combats de la libération dans ce secteur. Puis, à l'École Militaire d'Uriage, il forme les jeunes cadres issus de la résistance et, avec ce groupe, il rallie les unités marocaines de la 1 e armée française avec lesquelles il combat de la Franche-Comté jusqu'en Allemagne.
Après le 8 mai 1945 il regagne Chamonix et participe à la reconstitution de l'École Militaire de Haute Montagne et en prend la direction de l'enseignement. II démissionne de l'armée le 31 décembre 1948.
Engagé par Paul-Emile Victor, il devient, le 1 er janvier 1949, directeur adjoint des Expéditions Polaires Françaises. Tout d'abord homme de terrain, il participe aux campagnes d'été au Groenland, en 1949 et 1950 comme adjoint au chef de mission et en 1951 comme chef de mission. Ces campagnes qui, avec une cinquantaine de participants, mettent en œuvre de nombreux véhicules chenillés et des moyens aériens, ont pour but d'étudier la calotte glaciaire du Groenland et le climat qui y règne.
Les activités sur le terrain des Expéditions Polaires marquant une pose relative, Gaston Rouillon, dans les années qui suivent, exploitant les acquis des campagnes au Groenland et en Terre-Adélie, va prendre une place essentielle dans les publications scientifiques et techniques de la maison et dans sa production cinématographique. Personnellement, il approfondit sa pratique des mesures gravimétriques et participe de façon active à leur dépouillement et leur interprétation.
Parallèlement, il se tourne vers l'Antarctique : c'est la préparation de l'Année Géophysique Internationale (AGI) et pour les Expéditions Polaires un retour vers la Terre-Adélie à travers le sous-comité antarctique que préside Paul-Émile Victor. Gaston Rouillon y participe activement. Il découvre ce domaine nouveau pour lui pendant la campagne d'été 1956-1957 et dirige le troisième et dernier hivernage en 1957-1959. Organisateur méticuleux et homme rigoureux mais d'un grand charisme, il fait un groupe solide et uni des hommes qui l'accompagnent, et qui vont devoir cohabiter quinze mois au cœur de l'Antarctique dans les conditions bien plus rigoureuses à cette époque que de nos jours. Au Printemps austral, il conduit un raid sur l'inlandsis à près de 500 km au sud de la base Dumont d'Urville pour accomplir un programme de recherches météorologiques et glaciologiques et rapatrier, début 1959, les trois hivernants de la station Charcot.
De retour en France, Gaston Rouillon assure pleinement, aux Expéditions Polaires, ses fonctions de directeur adjoint. En particulier, il va être le responsable du recrutement des personnels partant en mission. C'est une lourde charge qui ne tolère pas la moindre erreur dont les conséquences, en cours d'hivernage, seraient dramatiques pour le petit groupe isolé au cœur de l'Antarctique. II apporte dans cette tâche toute l'expérience acquise dans sa carrière militaire, mais aussi un rare humanisme. Il prend la direction du bureau scientifique et à ce titre il sera le correspondant des laboratoires ou des chercheurs, les aidant à organiser sur le plan logistique et sur l'emploi du personnel, les programmes qu'ils souhaitent réaliser en milieu polaire. Et il continue à superviser les publications et les productions audiovisuelles.
Pour son compte, il poursuit ses travaux de gravimétrie qui le mènent à conduire des campagnes de mesures un peu partout dans le monde, revenant au Groenland, à nouveau en Antarctique et aussi dans les Terres Australes Françaises, à Crozet, Kerguelen et Amsterdam.
Puis, après avoir été un artisan de l'exploration polaire et entrer ainsi dans son histoire, il va se passionner pour ses illustres prédécesseurs. Il devient rapidement le spécialiste des explorateurs des hautes latitudes. II communique, brillamment, son savoir dans des conférences qui attirent les foules. Un autre aspect de cette histoire est la trace qu'elle a laissée dans la philatélie. Il s'y passionne au point de prendre des responsabilités dans les associations de philatélie polaire. Avec Jacques Prieux il associera philatélie et histoire en écrivant un ouvrage sur Jean-Baptiste Charcot.
N quitte les Expéditions Polaires en prenant sa retraite en 1980 mais il va poursuivre toutes ses autres activités encore de nombreuses années. Gaston Rouillon était membre du Comité National Français de Géodésie et de Géophysique (CNFGG), du Comité National Français de Recherches Arctiques et Antarctiques (CNFRA) et du comité des Expéditions Glaciologiques Internationales au Groenland. (EGIG). Il a été vice-président du Club des Explorateurs.
II était Chevalier de la Légion d'Honneur, Commandeur de l'Ordre National du Mérite, Chevalier des Palmes Académiques, Croix de Guerre 1939-1945.
Bernard Morlet
Secrétaire Général des
Expéditions Polaires Françaises
(Notice n°377 reproduite avec l'aimable autorisaton de l'administration postale)